Stefan Engel: Discours du 8 avril 2017 à l’occasion du passage de la présidence du parti

Le 8 avril eut lieu le passage de la présidence du MLPD de Stefan Engel qui avait exercé cette fonction pendant 37 ans à Gabi Fechtner (née Gärtner). À l'occasion de cette fête des représentants de partis internationaux ainsi que des collègues et camarades de tous les secteurs du travail de parti en Allemagne apprécièrent le travail de tous les deux avec des messages et contributions, un programme culturel s'y est déroulé et Stefan Engel fit un discours-programme. Ici, nous mettons les versions traduites à la disposition du mouvement marxiste-léniniste international.

Chers ami(e)s, chers camarades, chers camarades de combat et aussi chers parents ! On m’a souvent demandé si j’ai du mal à faire ce pas et si je suis peut-être même triste. Non, pas du tout ! Je suis fier d’avoir remis le 31/03/2017, après 37 ans et trois mois, ma fonction comme président du MLPD à Gabi Gärtner.

Dans une certaine manière c’était un point culminant de mon travail politique jusque-là et de mon activité de direction.

C’est pour moi une grande source de satisfaction que le chemin de ma vie continue maintenant à se poursuivre et s’accomplir avec une grande détermination et même un certain enthousiasme par une relève de génération, longtemps préparé et sur une bonne base.

 

La raison pour ce passage n’est pas le fait que je serais absolument incapable de travailler  !

 

Malgré toute atteinte à ma santé, j’accomplirai mes tâches dans le parti aussi à l’avenir.

 

Le Comité central a donc décidé que je garderai la direction de la rédaction de l’organe théorique Voie révolutionnaire.

 

J’accompagnerai également la nouvelle direction et lui apporterai mes conseils et mes actions.

Pendant un certain temps j’aiderai encore à organiser le passage dans une mesure restreinte en collaborant au secrétariat du CC.

 

Mais de toute manière, je ne serai pas l’éminence grise dans l’ombre qui tire les ficelles en réalité.

 

Gabi Gärtner est la nouvelle présidente du parti, sans aucune restriction et elle fut élue à juste titre et à l’unanimité par le Comité central :

 

C’est la première fois en Allemagne qu’une femme et ouvrière se trouve à la tête du parti ouvrier révolutionnaire. Nous en sommes vraiment fiers !

 

C’est pour différentes raisons que le temps était mûr pour le passage de génération à la tête du MLPD.

 

Avec l’arrivée au pouvoir de Trump – une expression de la propension générale de ce système capitaliste à produire des crises – comme nouveau président du pays impérialiste le plus puissant et avec le revirement progressiste de l’état d’esprit à l’échelle mondiale, des changements de large envergure nous attendent au niveau politique.

 

La nouvelle direction du parti doit et peut se familiariser avec cette situation compliquée qui s’amorce.

 

Je voudrais profiter de l’occasion pour faire quelques remarques, peut-être utiles, qui résultent du bilan de ma propre activité de direction.

 

Premièrement : En 1979 je suis devenu, à l’âge de 25 ans, directeur politique comme à l’époque le benjamin dans la direction centrale.

 

Le soi-disant « mouvement marxiste-léniniste » en Allemagne était arrivé à son terme. Les plus grandes organisations m-l étaient en train de se dissoudre, se diviser ou bien de passer aux trotskistes, aux Verts etc. Au niveau mondial, la Chine avait changé de couleur après la mort de Mao Zedong.

 

Peu après Enver Hoxha d’Albanie se mit à attaquer la pensée de Mao Zedong et des conquêtes essentielles socialistes.

 

Un courant liquidateur international marginalisa beaucoup de signes prometteurs de la nouvelle construction de partis ouvriers révolutionnaires dans le monde entier ou les détruisit complètement.

 

Dans notre organisation, il y avaient aussi beaucoup de problèmes non-résolus, mais elle était claire au niveau idéologico-politique et saine dans sa substance.

 

La situation était difficile.

 

Au début, j’avais un peu l’estomac noué.

 

Je ne connaissais pas encore bien le parti, car je venais de l’association des jeunes et je n’étais pas vraiment expérimenté dans l’activité de direction.

 

Mais je me disais : « Dans cette situation, il faut tout simplement que ce soit fait. »

 

J’ai aussi trouvé correct qu’on ait élu un ouvrier à la tête.

 

J’ai pu aider le parti en position pionnière à préparer la fondation du parti comme MLPD en 1982, parce que j’avais la conviction ferme et inébranlable pendant tout le temps de ma présidence de parti, que la voie de la construction du parti révolutionnaire et de la lutte pour le socialisme est la seule bonne voie.

 

Ma volonté de fer ne m’a jamais fait chanceler.

 

Quand j’avais 14 ans, mon frère Reinhard et mon cousin Ulrich ainsi que le camarade Hartmut Langbein encore actif aujourd’hui, m'ont convaincu de joindre un groupe de jeunes révolutionnaire à Neustadt près de Cobourg.

 

Mon esprit rebelle avait depuis toujours procuré un grand plaisir à mon arrière-grand-mère communiste de 88 ans qui a soutenu cette décision.

 

Mais en même temps elle m’a exhorté à changer ma vie.

 

Jusqu’à ce moment-là, je n’avais lu encore aucun livre – à l’exception d’un ou deux livres d’enfant, à l’école, je n’étais pas bien attentif et la plupart de mon temps, je l’ai passé avec des amis dans la forêt ou au terrain de sport.

 

Mon arrière-grand-mère était une révolutionnaire irréductible, qui était dans le SPD révolutionnaire depuis 1895, avait rompu avec le SPD en 1916 et joignit la ligue Spartakus autour de Karl Liebknecht à Berlin et plus tard le KPD.

 

Sous le fascisme hitlérien elle était active dans la clandestinité pendant 11 ans, avant qu’elle fût déplacée à Neustadt/près de Cobourg.

 

En dépit de son âge avancé, elle était clairement axée au niveau idéologico-politique sur la pensée de Mao Zedong, sans être organisée quelque part.

 

Ce qui était important : Elle m’a donné un livre et dit : « Maintenant tu vas déjà commencer à lire avec ce livre ».

 

Et le livre s’appelait « Et l’acier fut trempé… » de Nikolaï Ostrovski.

 

J’ai véritablement dévoré ce livre et en particulier la directive du jeune Pavel Kortchagin m’avait enthousiasmé :

 

« Le plus précieux que l’homme possède,

c’est la vie.

Elle lui est donnée qu’une seule fois,

et il doit vivre de telle manière,

qu’il pourra dire à la fin de sa vie :

 

Toute ma vie et toutes mes forces

je les ai données

pour le plus beau du monde –

la lutte pour la libération de l’humanité. »

 

La quintessence que j’ai prise de ce livre était ma volonté de devenir désormais révolutionnaire professionnel et je n’ai plus jamais quitté ce chemin de vie.

 

Deuxièmement je me suis toujours procuré une image sobre de mes propres forces et faiblesses.

 

J’étais conscient de ne pas avoir la compétence de pouvoir déjà assumer toutes les tâches de la direction du parti.

 

Pour résoudre ce problème j’ai misé sur la sagesse collective de mes camarades.

 

C’est la voie décisive pour surmonter des faiblesses.

 

J’ai toujours cherché la coopération avec les camarades qui comprenaient davantage l’une ou l’autre des tâches.

 

Je n’ai jamais dit : « Je sais tout faire », mais « Je dois tout apprendre. »

 

J'ai toujours eu un esprit d'équipe et je me suis toujours approprié les connaissances et expériences de mes camarades dans les différents domaines.

 

Dans les premières années j’ai beaucoup appris de Willi Dickhut, avec lequel j’avais des consultations mensuelles, de Dieter Klauth, qui était responsable de jeunesse à l’époque, de Martin Kasprik, de Klaus Arnecke et notamment de mon assistant personnel, Dr. Klaus Vowe, décédé malheureusement beaucoup trop tôt.

 

Il abandonna sa chaire à l’université de Tübingen, pour assumer cette tâche mal payée chez nous.

 

Il l’a fait plus de 25 ans jusqu’à sa mort.

 

Le plus important pendant les 20 dernières années était la coopération étroite, basée sur la confiance et toujours créative avec Monika Gärtner-Engel.

 

D’importantes impulsions pour les nouvelles initiatives dans le travail marxiste-léniniste parmi les femmes, la politique marxiste-léniniste communale et pour le travail de parti dans et face aux auto-organisations non-affiliées à un parti étaient fondées sur cette coopération.

 

Monika aurait certainement été appropriée pour me remplacer tout de suite et reprendre la fonction de la présidente du parti.

 

Mais c’est consciemment que nous l’avons décidé autrement.

 

Troisièmement j’ai travaillé dur et systématiquement à surmonter mes faiblesses et de leur affranchissement j’ai tiré des conclusions créatives pour l’ensemble du parti.

 

Par exemple, lorsque j’ai déménagé dans le bassin de la Ruhr, je parlais très mal l’allemand standard.

 

Je me suis alors engagé à fournir régulièrement des articles et je me suis chargé de la rédaction du journal d’entreprise : « Le fondeur », pour m’exercer systématiquement dans ce métier littéraire et pour l'apprendre.

 

Plus tard, j’ai su aussi écrire des livres.

 

Mais cela n’allait pas du jour au lendemain, c’était un travail dur !

 

Tout d’abord je me suis occupé à fond de la dialectique dans la grammaire allemande et étudié, pour ne plus commettre des fautes de ponctuation et d’orthographe.

 

Aujourd’hui, je maîtrise tout cela.

 

Comme ouvrier on peut l’apprendre.

 

J’ai également toujours bien écouté quand les camarades ou les travailleurs, les amis ou même les ennemis avaient des critiques.

 

C’était important pour moi, parce que cela concernait notre impact extérieur, qui fait aussi toujours partie de la vérité objective.

 

La plus grande erreur dans l’histoire de mon activité de direction était mon jugement d’abord négatif sur la réunification de l’Allemagne.

 

Je me souviens fort bien car c’était le 60e anniversaire de ma mère que nous avons célébré en commun.

 

À ce moment-là, la frontière fut ouverte et tout le monde arrivait en liesse.

 

Je me suis dit, ' vous allez encore ouvrir grand vos yeux en voyant tout ce qui vous attendra' et de toute la critique de l’accaparement de la RDA par les monopoles occidentaux qui a effectivement eu lieu, j’ai méprisé le mouvement populaire démocratique en RDA.

 

Cependant, c’était lui qui, à l’époque, était la force décisive progressiste dans la lutte contre le capitalisme bureaucratique en RDA et pour la réunification.

 

C’était métaphysique ! Nous avons alors corrigé cette erreur dans toute l’organisation. J’ai pris position publiquement et tiré purement et simplement des conclusions de cette affaire.

 

J’ai découvert que cette erreur se fondait sur des faiblesses dans la maîtrise de la méthode dialectique :

 

Des unilatéralités, j’ai cherché des analogies métaphysiques historiques, ce qui se passera peut-être de nouveau, ce qui s’est passé autrefois ou aussi des conclusions immédiates.

 

Depuis lors, j’ai travaillé inlassablement en théorie et en pratique à surmonter la tendance générale de mépriser la méthode dialectique dans l’ancien mouvement communiste qui faisait partie de la cause de son déclin, et à la maîtriser moi-même de mieux en mieux.

 

Aux douze séminaires que j’ai élaboré concernant l’application consciente de la méthode dialectique ont participé jusqu’à présent environ 10 000 camarades (femmes et hommes) et ainsi amélioré durablement le travail de parti.

 

Les membres du MLPD ne séduisent pas sans raison par une capacité d’orientation autonome très élevée dans les questions les plus compliquées.

 

Quatrièmement, dès le départ les attitudes d’un fonctionnaire m’ont inspiré de la répugnance.

 

Du côté paternel, je viens d’une famille avec une tradition communiste.

 

Tous étaient dans le KPD, mon père, ses frères etc.

 

Après l’interdiction du KPD, beaucoup de membres de la famille se sont détournés de leurs idéaux par déception sur le développement des cliques bureaucratiques de fonctionnaires dans la RDA et le KPD.

 

Si légitime que fût leur critique des phénomènes bureaucratiques dans la direction du SED et du KPD, aussi unilatérale était leur conclusion.

 

Comme négation dialectique le MLPD a marqué un style de direction sans aucune vanité de fonctionnaire, dans toute sa confiance en soi.

 

Nous devons être un exemple, mais sans être coupés du réel ou même arrogants.

 

Celui qui ne se trouve sur un socle, ne peut pas non plus en tomber.

 

Pour cette raison, la relation étroite avec les ouvriers, avec les gens simples était toujours importante pour moi.

 

J’ai toujours participé au travail quotidien à la base.

 

Lorsque j’ai déménagé dans le bassin de la Ruhr, j’ai tout d’abord dû apprendre à connaître et comprendre le type d’hommes tout à fait différent.

 

À l’époque, l’amitié avec Helga Janzcik, une femme de ménage à Gelsenkirchen, et Friedel et Hans Metzlaff, une famille d’ouvriers sidérurgistes était très importante qui m’ont introduit intensément dans la mentalité des gens de la Ruhr ; l’association ouvrière de Ückendorf, le club de football Rouge/Jaune Ückendorf, les fêtes de rue dans la Bergmannstraße [rue des mineurs] et le club de football Rouge-Blanc.

 

Aussi la ranimation de la tradition révolutionnaire des Rencontres de la jeunesse à Pentecôte a son origine dans ce temps-là et de la connaissance, qu’il faut comprendre la pensée, l’action et la sensibilité des masses et faire beaucoup plus pour gagner la jeunesse.

 

En écrivant des articles ou discours j’ai toujours beaucoup réfléchi comment rendre compréhensible le sujet sans simplification inadmissible ou devenir banal.

 

Ma plus grande joie est jusqu’à présent si, après un discours touchant un sujet complexe, un ouvrier me dit :

« J’ai tout compris – du moins la plupart. »

 

Cinquièmement j’ai accordé beaucoup d’importance à un style du travail quotidien dans la pratique qui implique les masses, sans les traiter avec condescendance ou les dégrade au rang d’auditeurs, mais qui fait d’elles les acteurs principaux, développe le sentiment de leur propre valeur, encourage leurs forces et aide à compenser mutuellement et à surmonter les faiblesses :

 

Initiatives électorales, fêtes, rédactions pour journaux, manifestations préparées en commun, excursions …

Tout cela étaient les débuts du système aujourd’hui déployé du travail quotidien du MLPD qui est devenu l’une des caractéristiques uniques du MLPD.

 

Sixièmement j’organise ma vie comme unité de la politique et de la vie privée.

 

L’unité de la pensée, de la sensibilité et de l’action est la question fondamentale dans la vie de chaque révolutionnaire.

 

Si je fais de beaux discours révolutionnaires et je me comporte comme petit-bourgeois à la maison – cela ne va pas du tout.

 

De cette manière on ne convaincra personne !

 

On ne convainc les gens par les seules paroles, mais surtout par toute sa personnalité.

 

Cela implique aussi – si nécessaire – de soumettre à la cause des intérêts et besoins personnels.

 

Pour moi comme quelqu’un qui garde les pieds sur terre, les nombreux déménagements nécessaires n’étaient pas vraiment mon affaire.

 

Mon cœur bat aussi pour les enfants.

 

Mais avec un troupeau d’enfants mon travail de président de parti n’aurait pas été possible.

 

Certains amis ou aussi compagnes n’étaient pas prêt(e)s à accepter ou soutenir la priorité révolutionnaire dans ma vie.

 

Ceci a demandé l’un ou l’autre sacrifice dans ma vie.

 

Mais la question déterminante ne peut jamais être la suivante :

qu’est-ce que moi, je reçois du parti, quels en sont les avantages pour moi ?

 

Ma directive était toujours: Que peux-je contribuer

à notre but,

à nos idéaux,

au développement du parti,

au déploiement des capacités et talents

de tous ses membres et camarades de combat ?

 

Ce n’était pas non plus pour moi un martyre comme la presse anticommuniste le présente sans cesse, mais j’ai toujours aimé mon travail et je le fais encore et toujours aussi avec plaisir.

 

Septièmement j’ai tiré des conclusions critiques du traitement habituel souvent rude des cadres dans l’ancien mouvement communiste.

 

Destituer, déprécier, dégrader des camarades en cas de fautes ou de fautes présumées, détruire leur fonction, leur dignité ou même leur vie est fondamentalement incompatible avec l’idéal communiste de la liberté !

 

Chaque personne possédant les meilleurs qualités dispose toujours également d’insuffisances, parfois aussi de mauvaises habitudes et commet des fautes.

 

Pendant la construction de parti, il y a eu parfois des erreurs et mauvaises décisions substantielles par quelques camarades ou directions.

 

Après tout nous, les marxistes-léninistes, nous sommes exposés également aux influences destructives de la société bourgeoise et en sommes influencés spontanément.

 

Pour le MLPD comme parti de type nouveau ce n'est pas la faute mais la position envers les fautes qui est devenue déterminante.

 

Nous ne devons jamais développer des réserves uniquement parce que quelqu’un a commis des fautes.

 

En cas de critiques il nous faut toujours être justes envers la personne tout entière et toute l’histoire de sa vie.

 

Parfois la critique est très difficile, parce qu’on s’énerve à cause de certaines fautes et certains comportements.

 

Alors il faut mettre en marche son autocontrôle sinon on arrive justement à pratiquer un style que nous ne voulons pas avoir ici : que l’on repousse des gens ou les condamne.

 

Il faut faire montre strictement de l’objectivité de l’examen, voir au centre surtout la personne et lui offrir de l’aide, si quelqu’un a commis des fautes.

 

Dans un travail d’encadrement différencié il faut que nous transmettions toujours une confiance prolétarienne en soi et non pas aggraver l’explication unilatéralement contre des phénomènes petits-bourgeois.

 

Évidemment c’est tout à fait contraire à la vantardise, l’arrogance ou même la mégalomanie.

 

Une culture de débat prolétarienne fait également partie d’un travail d’encadrement couronné de succès, car c’est au moyen d’elle que les qualités positives, prolétariennes s’imposeront.

 

Avec une culture de débat petite-bourgeoise ont n’arrive à rien du tout, p.ex. avec la volonté d’avoir toujours le dernier mot ou si l’on ne s’entretient pas d’égal à égal – tout cela ne mène à rien.

 

Huitièmement j’ai toujours accordé beaucoup d’importance à un savoir-faire solide dans le travail de parti.

 

Chez moi, j’ai appris que tout doit être toujours en état précis et en ordre.

 

Pendant mon apprentissage comme mécanicien-ajusteur j’ai appris à travailler systématiquement.

 

Jusqu’à aujourd’hui, la phrase de mon contremaître à l’usine Anna, ici à Rödental, me sonne encore à l’oreille :

« Avant de démonter une installation, réfléchis bien de quelle manière tu la remonte après. »

 

Au cours des années de mon travail politique, j’ai constaté que seul un savoir-faire solide fait vraiment entrer en vigueur les forces dont dispose chacun et qu’on est en mesure d’apprendre la fonction la plus compliquée.

 

Avec un savoir-faire solide – on arrive à apprendre tout cela.

 

80 pour cent de l’exercice d’une fonction consiste dans un savoir-faire solide et peut aussi s’apprendre par chacun qui est suffisamment sain d’esprit.

 

Neuvièmement j’avais depuis toujours déjà un esprit militant, j’étais sans peur et disposais de la volonté nécessaire au risque.

 

Celui qui fait grand cas de sa propre personne,

devient craintif, hésitant, irrésolu et perd, en fin de compte, son attitude révolutionnaire.

 

Une telle prise de risque a joué chaque fois

un rôle central lors de la direction

des luttes ouvrières, depuis la grève des cheminots à Berlin en 1980,

de la lutte des sidérurgistes à Rheinhausen en 1988,

de la grande grève des mineurs en 1997 et

la grève chez Opel en 2004.

 

Ou bien quand nous bravions le boycott anticommuniste par les banques

et quand nous

épuisions à fond tous les potentiels

avec la Horster Mitte, des maisons comme ici à Truckenthal,

avec nos réserves financières

ou nos investissements écologiques

et créions des conditions de travail très remarquées et tout aussi sérieuses que attractives.

 

En dixième lieu, au fil des ans se sont accrus le besoin et la capacité de travailler scientifiquement ce qui est devenu aujourd'hui le bien commun à tous au sein du MLPD.

 

J'ai commencé comme jeune dirigeant de parti, avec une combativité irréductible, une grande habileté organisationnelle et un élan révolutionnaire, mais au début j'ai aussi travaillé de manière très intuitive, partant des sentiments.

 

Au cours du temps, avec beaucoup d'exercice et des expériences positives et négatives j'ai appris à travailler sur le plan théorique.

 

Encadré par Willi Dickhut j'ai appris à aller au fond des choses, à découvrir et qualifier de nouveaux phénomènes et des changements essentiels dans la nature, dans la société ou dans le parti et à tirer les conclusions pratiques et théoriques nécessaires à temps et en perspective.

 

C'est cela qui constitue le travail théorique.

 

Ainsi je suis aussi arrivé pas à pas à comprendre toujours mieux notre ligne et à la développer, le cas échéant, dans l'une ou l'autre question.

 

Cette aptitude pour le travail théorique est, en fin de compte, le processus décisif de maturation qui caractérise le président d'un parti marxiste-léniniste.

 

En onzième lieu : Dans toute la période de mon activité je n'ai jamais perdu les relations les plus intenses avec les jeunes.

 

Je n'ai pas seulement fréquenté les camps d'été annuels, j'ai été sur 44 des 46 camps d'été des 46 dernières années, ou comme participant ou comme visiteur. J’ai aussi participé avec plaisir aux activités de la jeunesse.

 

J'ai fait des propositions, guidé personnellement et il va de soi que j'ai apprécié la vivacité et la fraîcheur de nos jeunes camarades.

 

 

Chers amis et camarades, hommes et femmes !

 

C’est donc avec joie et fierté que je remets aujourd'hui la présidence à Gabi Gärtner que je connais déjà dès son plus jeune âge.

 

La mise sur pied à l’heure de réserves de cadres, la formation perspicace de futures personnalités dirigeantes est déjà une tradition au sein du MLPD.

 

ces dernières vingt années nous, surtout Monika et moi, nous avons préparé la relève de génération systématiquement et sur tous les niveaux du parti.

 

L’année dernière, le Xe Congrès put élire au Comité central de très nombreux jeunes ouvriers, femmes et jeunes cadres déjà bien formés.

 

De même le secrétariat – à savoir le groupe dirigeant entre les plénums du Comité central – se compose entre-temps majoritairement de nouveaux jeunes camarades, hommes et femmes.

 

L'ensemble du parti a assumé la pleine responsabilité pour ce processus porteur d'avenir.

 

La relève de génération à la tête du parti n'est pas fille de la nécessité, mais c'est le fruit mûr d'un travail d'encadrement perspicace.

 

Chers amis et camarades, hommes et femmes,

 

Le Xe Congrès l'a très bien accueilli, et le CC a élu Gabi Gärtner présidente à l'unanimité et par vote à bulletin secret.

 

L'ensemble du parti soutient cette décision, tout comme le Xe Congrès ou on l’avait proposé, l'organisation des jeunes Rebell et celle des enfants, les Rotfüchse.

 

Et ceci pour de bonnes raisons :

 

Gabi Gärtner a de nombreuses bonnes qualités.

 

Elle exerce un extraordinaire rayonnement positif sur les personnes, elle aborde les gens ouvertement et sait les conquérir rapidement.

 

Elle est combative, résolue et disciplinée, elle a un haut niveau culturel et une grande force de persuasion.

 

Elle dispose d'un talent organisationnel marqué avec beaucoup d'amour pour le détail, qui a certainement été aiguisé par sa profession de mécanicienne-outilleuse. Les outilleurs doivent toujours travailler à l'échelle du millième de millimètre – ceci ne se fait pas par estimation approximative, mais tout doit s'adapter à la perfection.

 

En tant qu'ouvrière révolutionnaire elle a déjà collaboré substantiellement, de façon directe ou indirecte, à la direction des luttes ouvrières importantes.

 

Je ne veux pas continuer la liste de ses avantages, vous allez découvrir par vous-même sa bonne aptitude dans les années à venir.

 

De toute façon moi, je suis convaincu qu'elle est le meilleur choix parmi notre cadre de la relève.

 

Il va de soi qu'elle a aussi encore bien de choses à apprendre.

 

Je sais de quoi je parle quand je dis : Apprendre cette tâche est un processus d'autochangement durant des années et des décennies.

 

Dans cette activité des erreurs et problèmes peuvent survenir.

 

Le point décisif dans ce contexte consiste à ne jamais cesser d'apprendre avec modestie aussi bien qu'avec confiance en soi.

 

Et cela de chacun dont on peut apprendre quelque chose.

 

Ce faisant, Gabi va conquérir la confiance nécessaire sur laquelle moi aussi j'ai pu m'appuyer pendant tant d'années.

 

 

Chers camarades, hommes et femmes,

 

les partis bourgeois et petits-bourgeois aiment se décorer avec leurs jeunes Shooting Stars.

 

Souvent ils les présentent sous l'image complètement irréaliste de personnes méga-cools qui gravissent les échelons.

 

Ceci, les révolutionnaires le traitent différemment.

 

Nous témoignons à notre nouvelle présidente de parti tout soutien et en même temps une vigilance révolutionnaire, un accompagnement critique et franc à tout moment et ainsi un respect fondamental.

 

Prenons toujours en compte :

 

Une glorification unilatérale n'est pas seulement irréelle, mais peut aussi exercer une pression extrême.

 

Permettons à Gabi avec tout le respect de trouver son propre chemin sur le fondement solide de notre programmatique, nos décisions et principes.

 

Je suis fermement convaincu qu'elle le fera bien !

 

Maintenant je remercie tous les camarades et compagnons de route, hommes et femmes, pour la grande confiance, la loyauté, la solidarité et la coopération des 37 dernières années.

 

Et cette base commune solide de confiance et de cohésion était toujours un fondement essentiel qui m'a permis de mener à bien mon travail.

 

Et maintenant je voudrais remettre à Gabi Gärtner, pour ainsi dire, la clé de notre maison soigneusement aménagée.

 

Ce n'est certes pas la clé pour une serrure de sécurité, mais elle symbolise qu'à partir de maintenant Gabi exerce le droit de domicile dans Horster Mitte à Gelsenkirchen.

 

Meilleurs vœux de réussite !

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